Le beau costume bien brossé, le col de chemise amidonné, une cravate du plus bel effet, le pantalon bien repassé telle était la tenue pour les hommes qui ne pouvaient surtout pas oublier la petite monnaie dans le fond de la poche.
Les dames se souciaient surtout de paraître sous leurs plus beaux atours pour celles qui en avaient les moyens : le dernier tailleur enjolivé par les vieux bijoux de famille, le sac à main pour remplacer les poches, et surtout la coiffe couronnant la personnalité. Pour les autres, celles qui ne se prenaient pas pour “madame chapeau”, le fichu couvrant les cheveux et la vieille gabardine suffisaient amplement. Cachés dans une des poches, le porte-monnaie, le livre de messe ou le chapelet étaient les objets indispensables pour être une bonne paroissienne.
Après une bonne dizaine de minutes, lorsque tous les retardataires étaient bien arrivés et avaient pris place dans l’une des nefs, souvent dans le fond de l’église pour faciliter le bavardage, le “chaisier” commençait son tour entre toutes les rangées de chaises.
S’il était corpulent, grisonnant, avec une belle moustache, il s’arrêta devant chacun des fidèles assis, en leur tendant la main dans laquelle les gens y déposèrent une pièce trouée, 25 centimes, en guise de “location pour la chaise qu’ils occupent”.
Il se prénommait Jules, un retraité dévoué qui chaque dimanche, était fidèle à sa mission : ramasser les sous de la chaise. Et personne n’aurait osé ne pas vouloir payer !
Tandis qu’il n’avait pas encore terminé sa tournée, de l’autre côté de la nef, un autre paroissien bénévole commençait la quête à l’aide d'un récipient à poignée, en cuivre, qu’il passait entre les rangs de paroissiens qui “mettaient ce qu’ils voulaient”, tandis que le quêteur murmurait entre les dents un discret et répété “M....ci”. Filous, certains y déposèrent... un bouton, d’autres se limitaient à taper du doigt le fond de la “casserole”. Généreux, de rares paroissiens y déposèrent généreusement un billet qu’ils déployaient ostensiblement à l’arrivée du quêteur.
Au fil des ans, cette coutume paroissiale a petit à petit disparu.






